Rédaction web: 30 s pour agir

Catégorie: Ergonomie | Commentaires fermés | 369 lectures

Je me suis laissé tenter par ce bouquin: « Bien rédiger pour le web... et améliorer son référencement ». Même si je ne suis plus impliqué, le sujet m'intéresse toujours. Le livre parait aux éditions Eyrolles en Accès libre. J'avais déjà acheté "Ergonomie web" et je trouve cette collection très agréablement mis en page: une bonne gestion des espaces, des enrichissements de niveau de lecture, un livre richement illustré.

À propos de l'auteur, je n'avais jamais entendu parlé d'Isabelle Canivet. Enfin si, indirectement via son site web dont j'aime beaucoup l'adresse mais que j'ai déserté rapidement. À mon sens, c'est tout sauf un bon exemple: aucune accroche visuelle sur la page d'accueil, des liens en nombre et rien ne se détache réellement pour orienter le visiteur. Et surtout, une sensation de rester sur ma faim. Non pas que les articles sont inintéressants mais ils sont boostés à la liste à puce et à la graisse. Le même problème se pose sur d'autres sites comme www.ecrirepourleweb.com. À force d'user des techniques d'écriture, on fini par tuer le contenu. Le mieux est l'ennemi du bien.

Capture d'écran
Capture www.action-redaction.com

Capture d'écran
Capture www.ecrirepourleweb.com

Je suis sans doute de la vieille école, mais je suis toujours attaché à mes paragraphes. Vous savez, ces blocs de textes mis à mal par ces donneurs de leçons pour qui la lecture en ligne s'oppose à la lecture papier. C'est sans doute le reflet de notre société de consommation. On ne prend plus le temps pour rien. Cette attitude est d'ailleurs valorisée où il est de bon ton d'être « overbooké ». Paradoxalement, la curiosité est un(e) qualité/défaut de l'hyperactif. Il veut tout savoir, tout connaître en un minimum de temps. Et les formateurs en web-marketing rédaction-web l'ont bien compris. La contrainte technique du support (il est moins agréable de lire sur écran) a pratiquement disparue au profit des caractéristiques comportementales du lecteur-consommateur. L'internaute est pressé et n'hésitera pas à déserter dans ce vaste monde numérique de l'opulence. Vous avez 30 secondes pour plaire ! Autant dire que la pression est énorme et le formatage de l'information inévitable.

Même si je comprends bien le besoin de concision, il y a certainement un juste milieu à trouver entre la consommation rapide et l'information plus détaillée. Une fois trouvée, l'utilisateur est capable de se poser et lire un contenu plus ou moins long. Le rôle du webmaster sera d'y ajouter une dynamique de lecture via différentes techniques de mise en page. Ce comportement de lecture active est-il si minoritaire au point de généraliser des concepts en faveur des consommateurs pressés ?

Les sites perdent des clients non pas parce qu'ils sont inintéressants, mais tout simplement parce qu'ils ne sont pas lus. Or il ne suffit pas d'écrire bien. La rédaction web doit s'inscrire dans une logique de retour sur investissement sur un support de consommation rapide — votre site a 30 secondes pour agir. Fast service information, fast read, fast left — vite renseigné, vite lu, vite quitté....

Isabelle Canivet — Bien rédiger pour le web


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