jan
2
Ligature: l'e dans l'o
Catégorie: Typographie | 2 commentaires | 49 lectures
Cela fait longtemps que je voulais écrire un billet sur les ligatures. Je profite d'un vieux billet sur Langue sauce piquante (LSP) pour en retirer quelques idées.
À l'époque, le support coûte cher et la ligature est une technique parmi d'autres pour économiser de la place. Certaines sont esthétiques et/ou participent à une meilleure lisibilité. On différencie les ligatures esthétiques (ff, fl, fi) et les ligatures linguistiques (œ, æ). Les premières sont facultatives et très peu usitées dans les textes courants. Elles apportent une valeur esthétique aux documents soignés. Les secondes sont obligatoires et modifient bien souvent la prononciation des mots. Je n'aborderai ici que cette seconde catégorie.
Le clavier incomplet
La ligature est un caractère spécial et ne se trouve pas immédiatement sur le clavier à l'exception de l'arobase (@) et de l'esperluette (&). Il faut donc entamer une recherche pour découvrir son code secret. Cette carence[¹] pousse progressivement ces élégances typographiques dans l'oubli. Enfin, pas si vite. Les éditeurs de texte font l'effort de convertir facilement des signes par un clic droit (ou de manière automatique après configuration). Tout du moins si le dessin est contenu dans la typo choisie.
On nous avait promis le paradis avec l'avènement des ordinateurs. Plus de contraintes liées à la mécanique. Les grosses boîtes intelligentes seraient capables d'afficher des milliers de signes. Certes, l'Unicode permet bien des possibilités mais fort est de constater dans la pratique des petits dérapages de manière chronique. Même sur un site comme Le Robert, les ligatures posent visiblement des soucis au webmaster.

Capture www.lerobert.com
Pour ajouter un tel caractère, vous utilisez la table des caractères de Windows ou la bonne vieille table ASCII étendu. Par exemple, la ligature « œ »: Alt + 0156 (ne pas oublier le zéro). Pour le HTML, il suffit d'ajouter l'entité numérique ou nommée pour plus de facilité de mémorisation.
| Caractère | HTML | HTML | Exemples |
|---|---|---|---|
| œ | œ |
œ |
œuf, cœur, œil, œillets, bœuf, sœur, mœurs, vœux, œsophage, cœlacanthe*, fœtus, œdème, œsophage, œnologie, œcuménisme, œdème |
| Œ | Œ |
Œ |
Œdipe |
| æ | æ |
æ |
curriculum vitæ, ex-æquo, tænia**, ad vitam æternam, nævus |
| Æ | Æ |
Æ |
— |
* La nouvelle orthographe autorise la graphie « célacanthe »
** Le « ténia » dans le langage courant
Tout comme le caractère en minuscule, il existe sa version en capitales. En cas de lettrine, les deux signes couplés sont mis en retrait et pas seulement la première moitié. Horreur !
La césure, pleine valeur orthographique ?
Doit-on considérer la ligature comme valeur syntaxique voir orthographique ? Si oui, il serait bon de les apprendre. Selon Wikipedia, « elles [les ligatures linguistiques] sont obligatoires et normalisées »[²]. Problème, les sources n'écrivent pas tous de la même manière. Le début du mot « oeuvre » se trouve ligaturé dans le Grand dictionnaire terminologique alors que ce n'est pas le cas dans le CNRTL[³]. Mais il semble que ce dernier soit contraint à des soucis techniques (encore eux !) puisqu'aucun mot débutant par une ligature ne s'y trouve.

Capture www.cnrtl.fr
Sans avoir la réponse à mon interrogation et dans un soucis de bien faire, j'ai tendance à encourager à la ligature. C'est plus joli, respectueux des règles et en accord avec le correcteur intégré de mon logiciel d'édition de texte. Par contre, pas certain que ça plaise aux moteurs de recherche.
La réaction des moteurs de recherche
Tant que notre clavier n'est pas équipé de ligatures, nous continuerons à taper « oe » et « ae » au quotidien. Reste à connaître la réaction des outils intermédiaires. Dans un document Word, un utilisateur à la recherche de « soeur » ne trouvera pas le mot ligaturé. Idem dans Google. Heureusement, certains sites optimisent leurs pages (comme Wikipédia ou Wiktionnaire) et prévoient différentes graphies. Les navigateurs eux aussi réagissent différemment. Firefox se borne à trouver le mot juste tandis que Google Chrome trouve les variantes.

Recherche avec Google Chrome
Alors qui doit s'adapter au final: les producteurs de contenu, les claviers, les logiciels intermédiaires, les webmasters... ? Je pense qu'il faut garder une vision sur le long terme et préserver au mieux nos richesses d'écriture. Rappelez-vous des sites optimisés pour tel ou tel navigateur. Aujourd'hui, ces discussions appartiennent au passé et plus personne ne se soucie de son outil de navigation. Il en ira de même pour les ligatures et autres problèmes du genre.
Prononciation de l'e dans l'o
Je viens d'apprendre qu'on ne disait pas simplement « une ligature oe » mais « l'e dans l'o ». C'est mignon. Par contre, on dira « l'a dans l'e » (selon les correcteurs LSP) sans préciser la raison de cette inversion. N'en déplaise à Serge Gainsbourg avec Elaeudanla Téïtéïa.
Il n'y a pas de règles précises pour savoir quand ligaturer. Il serait simpliste de croire que la combinaison o + e donne forcément un attachement des lettres. La preuve avec « coercition ». Il faut donc apprendre les mots par cœur et s'efforcer de bien les écrire. Heureusement, ils ne sont pas nombreux. Les plus motivés iront retrouver l'étymologie des mots pour les remettre dans leur contexte.
Le couple « œ » ou « æ » dans les mots engendre inévitablement la question de la prononciation. Nous (natifs francophones) n'avons pas beaucoup de difficulté à prononcer « œuf », « œil » et depuis la maternelle on nous apprend à dire un « bef » (bœuf) mais des « beu » (bœufs). Et les autres mots alors, comment vous les prononcer ? Pas simple. LSP écrit: « La ligature du "o" et de l'"e" doit se prononcer é devant consonne, et il en va de même pour le æ ». Oh ! On devrait donc dire édipe (Œdipe), énologue (œnologue), ésophage (œsophage) comme on le fait dans fétus (fœtus). C'est troublant ! En y cherchant bien, d'autres sources proposent des prononciations différentes comme Reverso pour èsophage (oesophage). Reste à savoir si l'usage va l'emporter sur la règle.
[¹] Sujet déjà abordé: « De la machine à écrire au clavier »
[²] Voir l'article: « ligature »
[³] Le CNRTL est devenu mon dictionnaire en ligne de référence.
déc
5
Changer d'opérateur pour être gagnant
Catégorie: Marketing | Commentaires fermés | 24 lectures
À l'approche des fêtes, vous avez remarquez comment les opérateurs de téléphonie se plient en 4 pour vous proposer des offres plus intéressantes les unes des autres. Effet du marketing, les offres ne sont pas exceptionnelles mais ponctuelles tout au long de l'année. Elles adoptent des formules diverses pour donner l'impression au client d'être gagnant à chaque nouvelle inscription. Et c'est vrai ! Du moins si vous restez dans les conditions de l'offre. Les minutes gratuites passent vite et vous aurez parfois l'envie de relâcher votre attention.
Là où le système est pervers c'est que ces avantages sont réservés uniquement aux nouveaux abonnés. Eh oui, les plus fidèles ne recevront rien et payeront le prix plein. À échéance de votre abonnement, vous n'avez aucun intérêt à rester chez le même opérateur de téléphonie. Avez-vous seulement reçu un bon d'achat, une réduction, un geste commercial pour vos 5 ans de fidélité ?
J'ai fait un comparatif en fonction d'un profil type. L'exercice n'est pas aisé car chacun y va de sa petite formule. Cette approche très personnelle de tarification permet aux vendeurs de vous présenter les avantages et au passage égratigner la concurrence. Or, dans les faits, fort est de constater une homogénéité des coûts d'abonnement. Pour cette comparaison, j'ai utilisé mon profil personnel.
- type: abonnement
- durée du contrat: minimum
- SMS envoyés: ± 35 par mois
- minutes d'appels: ± 100 minutes (≠ opérateurs, heures pleines et creuses)
- internet: non
- inscription en ligne: oui
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin. Au-delà des offres ponctuelles, on peut cumuler les bénéfices grâce aux partenariats. Par exemple, Groupon offre des réduction ou des bons d'achat dans ce secteur. C'est le cas pour les périodes de fin d'année. Vous gagnez 18 mois de forfait gratuit et un chèque cadeau de 100 euros sur tout nouveau GSM. Personnellement, j'ai souscrit à l'abonnement et offert le téléphone.

Capture www.groupon.be
Les opérateurs vont encore plus loin. Parrainez un membre de votre famille, un ami, une connaissance et vous recevrez une réduction de 100 euros sur un smartphone de leur choix (généralement une ancienne collection).

Capture www.cartronics.be
Conclusion: c'est triste à dire mais le système actuel favorise l'infidélité. Lors de l'inscription à tout nouvel abonnement, inscrivez la date de fin de contrat dans votre agenda. Prévoyez un mois de renom en fonction de l'opérateur. Analysez les promotions du moment, doublez vos avantages grâce aux partenaires. Alors, toujours abonné au même opérateur ?
oct
27
WordPress: ajouter des smileys sympas
Catégorie: Wordpress | Commentaires fermés | 55 lectures
Dans les options d'écriture de WordPress, libre à vous de convertir les smileys en figurines. Dans mes textes, j'en met pratiquement jamais. Je trouve que ça manque de sérieux. La langue française et la ponctuation me satisfont pleinement pour exprimer mes humeurs. Ceci dit, un smiley bien placé ne fait pas de mal. Je ne suis pas vraiment fan de ceux offerts par WP. J'en ai trouvé d'autre. Pourquoi ne pas changer et mettre des émoticones en forme de post-it du site Nniss.fr. Le dossier a remplacer: /wp-includes/images/smilies [¹].
Avec l'extension WP Smiley, il est même possible de les afficher dans les commentaires. Les intervenants vont pouvoir s'en donner à cœur joie. J'ai désactivé toute possibilité d'édition dans les commentaires. Du coup, difficile de connaître la syntaxe. Voici la liste tirée de celle installée par défaut.
| Pic. | Nom | Syntaxe | Pic. | Nom | Syntaxe |
|---|---|---|---|---|---|
icon_arrow.gif |
=> | icon_cool.gif |
8-) | ||
icon_evil.gif |
]:( | icon_lol.gif |
:lol: | ||
icon_neutral.gif |
:-| | icon_redface.gif |
:oops: | ||
icon_smile.gif |
:-) | icon_wink.gif |
;-) | ||
icon_biggrin.gif |
:-) | icon_cry.gif |
:cry: | ||
icon_exclaim.gif |
!! | icon_mad.gif |
:-x | ||
icon_question.gif |
?? | icon_rolleyes.gif |
:roll: | ||
icon_surprised.gif |
:-o | icon_confused.gif |
:-? | ||
icon_eek.gif |
8-0 | icon_idea.gif |
:idea: | ||
icon_mrgreen.gif |
:mrgreen: | icon_razz.gif |
:-p: | ||
icon_sad.gif |
:-( | icon_twisted.gif |
]:) |
Elles sont craquantes ces trombines.
[¹] N'oubliez pas de faire une sauvegarde des smileys de base.
oct
25
Abonnement à l'année
Catégorie: Marketing | Commentaires fermés | 57 lectures
Je vais inauguré une nouvelle rubrique, celle du marketing. Toutes ces astuces, entourloupes, techniques de séduction et de manipulation sont très instructives.
Les sites de rencontres ce n'est pas ce qu'il manque. Les petits nouveaux, pour se démarquer et attirer le monde n'hésite pas à offrir un service complètement gratuit. C'était le cas de Nice Poeple. Quand la fréquentation devient confortable, on passe au modèle payant modéré. Les tarifs varient selon les sites mais on trouve une constance dans la présentation de l'offre. Des forfaits très bas affichés en grand. La période d'abonnement apparait dans une typo plus petite. Dans un espace encore plus restreint, on obtient le total à payer. Évidemment, le but est d'encourager les abonnements sur la durée par des prix accrocheurs. Les visiteurs curieux eux payeront le prix plein. Un bel exemple avec You For Me.

Capture des tarifs d'abonnement sur You For Me
oct
25
Trop de boutons de partage
Catégorie: Blog | Commentaires fermés | 37 lectures
Les boutons de partage sont à la mode. Pratiquement tous les sites utilisent ces petits gadgets; des résultats Google aux blogs en passant par les quotidiens en ligne et les chaînes de télévision. Sous forme de boutons, ils apparaissent directement dans le contenu, près du texte. On aime, on partage sans attendre. Ces boutons apparaissent également sous forme de barre latérale fixe. C'est très tendance et à portée de clic.
Le gros défaut c'est de vouloir proposer tous les services et d'accumuler les logos. Ils sont trop nombreux et beaucoup disparaissent aussi vite qu'ils sont nés. Le lecteur, perdu dans un monde d'icônes, résigne à faire un choix. Selon certaines sources, les utilisateurs préfèrent le copier/coller de l'URL plutôt que de perdre leur temps à trouver le bouton adéquat. Une bonne pratique consiste à limiter le choix pour augmenter les chances du clic. Trop est l'ennemi du bien. Pour remédier à ce désagrément, certains tentent le regroupement.

Capture d'une série de boutons de partage
La mise en place est rudimentaire. J'ai récemment installé le widget ShareThis. Je me suis limité aux plus connus: Facebook et Twitter. Ainsi, le lecteur participe à la viralité de l'information, la partage sur son compte personnel et l'article gagne en visibilité.
Sur Facebook, la recommandation est mise en valeur grâce au titre, un visuel et le début de l'article. Ces éléments sont modifiables par son utilisateur, il peut donc aussi commenter le lien. J'ai trouvé très peu de différence entre les boutons "J'aime" et "Partager". Gardez à l'esprit que ce geste anodin de partage est une information supplémentaire pour l'intermédiaire d'établir un profil plus ou moins précis en fonction de votre générosité.
Capture Facebook
